"A Schoeneck, les Schlofkepp ont toujours eu quatre cibles privilégiées", sourit Bernard Botz. "Le maire, l'abbé Rohr, le bistrotier et moi-même", énumère le docteur. Une situation qui l'a toujours amusé. "C'est carnaval qui veut ça. De plus, ce ne sont jamais des blagues méchantes." Au contraire: on est plutôt dans l'esprit Qui aime bien châtie bien. "Les Schlofkepp sont des copains depuis longtemps. J'ai assisté à plusieurs reprises à leur show. A chaque fois avec plaisir." Jusqu'au jour où Bernard décide de monter sur scène. Histoire d'envoyer quelques piques à son tour. "J'ai lancé ça comme un défi, mais ils m'ont pris au mot", en rigole-t-il encore. Et voilà le médecin intégré dans la grande famille des Schlofkepp. Depuis trois ans, il participe à l'élaboration du spectacle, à l'écriture des sketchs. "Notre objectif n'est pas de raconter 36 blagues. C'est de jouer, de faire rire par la mise en scène, les mimiques, les situations, plus que par le contenu", souligne le bientôt cinquantenaire. Pour être prêt en février, tout le monde planche à partir de mi-novembre. "Une soixantaine de personnes sont impliquées dans l'aventure." Et même si les plus visibles, sont l'artiste Nudel, le créateur Gaby et le professeur Martial, "toutes les énergies sont indispensables". Et toutes s'activent pour faire de ces soirées une réussite. "Entendre rire le public, c'est notre récompense. C'est jouissif de voir toute une salle les larmes aux yeux. Pour ma part, je m'éclate."
Derrière le docteur se cache un boute-en-train. Un joyeux drille qu'il laisse s'exprimer le plus souvent possible. "Mon métier ne me bouffe pas toute mon existence", assure Bernard. "J'ai ma vie de famille, je pratique du sport, j'aime faire la fête et m'amuser avec les Schlofkepp." Une "double-vie" qu'il maîtrise sans problème. "Je ne mélange pas les genres. Je suis sérieux dans l'exercice de mon métier. Et moins quand je ne suis plus à mon cabinet."
Etre un Schlofkepp, c'est amusant. C'est aussi être militant. "La tradition carnavalesque doit être sauvegardée", insiste Bernard Botz. "Depuis ma naissance, j'ai toujours baigné dans cette ambiance. C'est un moment fort de la vie des villages de la région. "Une tradition qui tend cependant à s'essouffler. "On le ressent au niveau des jeunes. Certains nous rejoignent, mais je pense plus par goût du théâtre."A ce titre les Kappensitzungen entretiennent la flamme. "Si les Rididis ou les Schlofkepp venaient à s'arrêter, ce serait catastrophique."
Une disparition qui mettrait à mal aussi l'usage du platt. "Nous devons le perpétuer. C'est la marque de la région. Moi, comme beaucoup d'autres, j'ai grandi avec. " C'est pourquoi Dokda Botz n'imagine pas abandonner cette langue. "Notre café-théâtre sera toujours joué en platt."
Paru le: 02.03.2003 (Forbach / Environs)
Républicain Lorrain
Texte: Républicain Lorrain